SONAR

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SONAR
SONAR

On dĂ©signe sous le nom de sonar l’ensemble des techniques qui permettent de transmettre et de recevoir de l’information Ă  travers le milieu marin en utilisant les ondes de vibrations Ă©lastiques. L’eau propage ces vibrations Ă  de grandes distances, alors qu’elle absorbe trĂšs vite les ondes Ă©lectromagnĂ©tiques, y compris les ondes lumineuses. Les techniques du sonar couvrent des gammes de frĂ©quences diverses, aussi bien dans la bande des frĂ©quences audibles (20 Hz Ă  12 kHz environ) que dans celle des ultrasons. L’objectif essentiel des techniques sonars est la dĂ©tection des sources de bruits ou des obstacles immergĂ©s. Le sonar passif capte les sons ou les ultrasons Ă©ventuellement Ă©mis par l’objet Ă  dĂ©tecter, donne sa direction, parfois sa distance. Ce type de dĂ©tection est appelĂ© «écoute passive», en souvenir du temps oĂč elle se limitait Ă  la bande des frĂ©quences audibles. Le sonar actif (d’abord nommĂ© asdic), comme le radar, Ă©met des signaux et s’efforce de recevoir des Ă©chos rĂ©flĂ©chis sur les cibles Ă©ventuelles en Ă©valuant leur distance. En dĂ©pit d’analogies certaines, des ordres de grandeur trĂšs diffĂ©rents ont fait Ă©voluer le sonar actif de façon assez particuliĂšre.

Historique. Transducteurs et hydrophones

Presque toute l’histoire du sonar repose sur le dĂ©veloppement des capteurs et des gĂ©nĂ©rateurs de vibrations acoustiques adaptĂ©s au milieu marin. L’eau est en effet plus «dure» (d’impĂ©dance acoustique plus Ă©levĂ©e) que l’air, de sorte que les microphones et les haut-parleurs aĂ©riens y sont peu efficaces.

Cependant, l’AmĂ©ricain R. A. Fessenden obtenait, dĂšs 1914, des Ă©chos sur un iceberg (la catastrophe du Titanic Ă©tait alors dans tous les esprits) avec un «haut-parleur» du type Ă©lectrodynamique. D’autre part, l’écoute passive a d’abord utilisĂ© des rĂ©sonateurs et des cornets reliĂ©s par un flexible Ă  l’oreille de l’opĂ©rateur (capsules Walzer, 1917). Mais c’est l’emploi de la piĂ©zoĂ©lectricitĂ© et de la magnĂ©tostriction qui a permis l’essor des techniques sonars. Ces phĂ©nomĂšnes physiques, tous deux rĂ©versibles, assurent la traduction d’énergie acoustique en Ă©nergie Ă©lectrique et vice versa. Ils sont Ă  l’origine du dĂ©veloppement des hydrophones (les microphones sous-marins, destinĂ©s Ă  la rĂ©ception) et des transducteurs (les haut-parleurs sous-marins, capables en gĂ©nĂ©ral de recevoir comme d’émettre). Historiquement, le premier matĂ©riau piĂ©zoĂ©lectrique utilisĂ© a Ă©tĂ© le cristal de quartz (Langevin, 1917); puis le sel de Seignette ou sel de Rochelle (un tartrate double de sodium et de potassium); puis les cristaux de diphosphate d’ammonium. Ces cristaux Ă©taient difficiles Ă  trouver Ă  l’état naturel ou Ă  «cultiver» artificiellement. Il fallait, de plus, les tailler de façon prĂ©cise par rapport Ă  leurs axes de symĂ©trie.

Actuellement, on dispose de cĂ©ramiques amorphes, moulĂ©es Ă  chaud en plaques ou en cylindres, puis «polarisĂ©es» par l’application passagĂšre d’un fort champ Ă©lectrique. Essentiellement, ce sont des titanates de baryum, des titano-zirconates de plomb et des niobates de plomb.

Un hydrophone comporte en gĂ©nĂ©ral un seul ou un petit nombre de ces Ă©lĂ©ments. C’est un objet lĂ©ger (200 Ă  300 g) auquel un prĂ©amplificateur miniature est le plus souvent incorporĂ©. Un transducteur comporte un assez grand nombre d’élĂ©ments assemblĂ©s entre eux ainsi qu’à des contremasses et Ă  un «pavillon» mĂ©talliques; le tout pĂšse plusieurs kilogrammes et coĂ»te beaucoup plus cher qu’un hydrophone. Les transducteurs magnĂ©tostrictifs, d’ailleurs en dĂ©clin (sauf pour utilisations spĂ©cifiques), sont formĂ©s d’alliages de nickel. Ils sont lourds, onĂ©reux, et il est difficile d’élargir leur bande utile alors que les transducteurs piĂ©zoĂ©lectriques modernes peuvent concilier un rendement acceptable (60 Ă  80 p. 100) dans des bandes de l’ordre du demi-octave. Quant aux hydrophones, leur sensibilitĂ© est gĂ©nĂ©ralement presque constante sur une bande de plusieurs octaves.

Les antennes

Pour le sonar passif, on forme des antennes de rĂ©ception Ă  large bande Ă  partir d’hydrophones Ă©lĂ©mentaires. Ces «groupements», qualifiĂ©s, au dĂ©but, de «microphoniques», doivent ĂȘtre aussi Ă©tendus que possible pour rester directifs aux basses frĂ©quences. Quand ils sont fixĂ©s Ă  la quille d’un bĂątiment, ils mesurent dĂ©jĂ  plusieurs mĂštres, mais la technique Ă©volue rapidement vers des antennes linĂ©aires remorquĂ©es de plusieurs centaines de mĂštres (structure, exploitation et finalitĂ© sont trĂšs diffĂ©rentes de celles des rĂ©seaux linĂ©aires utilisĂ©s pour les sondages sismiques sous-marins en recherche pĂ©trolifĂšre).

Pour le sonar actif, on forme des antennes d’émission-rĂ©ception avec des transducteurs. Ces antennes – appelĂ©es bases – ont des dimensions et des poids trĂšs variables suivant les frĂ©quences utilisĂ©es (de quelques dizaines de kilogrammes Ă  plusieurs tonnes). Les puissances d’émission vont de quelques kilowatts Ă  plusieurs centaines de kilowatts.

Beaucoup de sonars actifs aujourd’hui en service ont des «bases» cylindriques verticales formĂ©es de colonnes juxtaposĂ©es, comportant chacune plusieurs transducteurs. Chaque colonne est Ă©lectriquement indĂ©pendante avec son cĂąble d’accĂšs propre. La base est placĂ©e dans un dĂŽme situĂ© sous la quille du bĂątiment porteur ou dans un bulbe d’étrave spĂ©cialement amĂ©nagĂ©.

La tendance actuelle est de doter les sonars de deux antennes sĂ©parĂ©es, une antenne de transducteurs pour l’émission seule, et une antenne d’hydrophones pour la rĂ©ception «active» ou «passive», pratiquĂ©es simultanĂ©ment.

Les premiers asdics utilisaient des transducteurs de quelques décimÚtres et des fréquences de 15 à 30 kHz.

La recherche soit des basses frĂ©quences, qui se propagent d’autant mieux qu’elles sont plus basses, soit des fortes puissances, qui exigent de grandes surfaces d’émission, explique le dĂ©veloppement d’antennes plus vastes.

En effet l’attĂ©nuation du son dans la mer, qui est de l’ordre de 2 dB/km Ă  20 kHz, n’est plus que de 0,5 dB/km Ă  5 kHz. À puissance Ă©gale, la portĂ©e est donc plus grande. Mais une antenne Ă  5 kHz doit ĂȘtre quatre fois plus vaste qu’une antenne Ă  20 kHz pour conserver la mĂȘme directivitĂ©. Rappelons que la longueur d’onde est de 7,5 cm Ă  20 kHz et de 30 cm Ă  5 kHz. Les antennes de sonar, en gros, ont des dimensions de 4, soit 30 cm Ă  20 kHz et 120 cm Ă  5 kHz. D’autre part, la puissance acoustique qu’on peut Ă©mettre par centimĂštre carrĂ© de surface vibrante est limitĂ©e (1 Ă  6 W/cm2 suivant l’immersion) par le phĂ©nomĂšne parasite de cavitation dĂ» Ă  la prĂ©sence de bulles d’air dans l’eau. Pour accroĂźtre la puissance Ă©mise, il faut augmenter la surface vibrante, donc l’antenne d’émission. Ainsi les frĂ©quences des sonars actifs se sont progressivement abaissĂ©es depuis 20-30 kHz jusqu’à 2-8 kHz, du moins en ce qui concerne les sonars Ă  longue portĂ©e. Par contre, le sonar passif, qui n’utilise qu’une antenne de rĂ©ception, a travaillĂ© dĂšs l’origine dans la bande 2-6 kHz, et ses perfectionnements actuels tendent Ă  Ă©largir cette bande vers les basses frĂ©quences en mĂȘme temps que les dimensions – la pupille – du rĂ©seau.

Sonar actif

Les antennes sonars sont fixes. Elles ne tournent pas comme la plupart des antennes radars. Au dĂ©but, on orientait mĂ©caniquement les bases de quelques kilogrammes. Mais il faut alors attendre 8 secondes, aprĂšs l’émission, le retour d’un Ă©cho pour une cible situĂ©e Ă  6 kilomĂštres. Avec un lobe de directivitĂ© de 20 degrĂ©s, prĂšs de deux minutes et demie sont nĂ©cessaires pour couvrir l’horizon, et cela pour un seul Ă©cho. La diffĂ©rence est frappante avec un radar dont l’antenne tourne en 2 ou 3 secondes et dont la cadence d’émission est si Ă©levĂ©e qu’il reçoit plusieurs dizaines d’échos de la mĂȘme cible pour une orientation pratiquement inchangĂ©e. La vitesse (ou plutĂŽt la lenteur) du son est un handicap fondamental du sonar.

Donc, avant mĂȘme que les bases sonars ne s’alourdissent et ne s’élargissent dans la poursuite des basses frĂ©quences, on avait songĂ© Ă  les laisser fixes et Ă  ne faire tourner que le lobe de directivitĂ© par des moyens purement Ă©lectriques. Cette mĂ©thode dite scanning (que l’on appelle balayage Ă©lectronique pour le radar) a Ă©tĂ© appliquĂ©e Ă  de nombreux sonars opĂ©rationnels. Elle se prĂȘte en effet Ă  une couverture rapide. Mais elle est incompatible, en sonar, avec l’utilisation de l’énergie totale d’un Ă©cho; en fait, elle gaspille cette Ă©nergie dĂ©jĂ  si rare. C’est pourquoi le sonar actif est passĂ©, dans les annĂ©es 1955-1965, Ă  la technique plus Ă©voluĂ©e dite des voies prĂ©formĂ©es. À partir des Ă©lĂ©ments d’antennes, on forme plusieurs lobes fixes, juxtaposĂ©s en une sorte de rosace, et on exploite simultanĂ©ment l’ensemble des sorties de ces voies dont chacune correspond Ă  une direction donnĂ©e. Ainsi reçoit-on sur chaque voie, en permanence et dans leur totalitĂ©, les signaux venant de la direction correspondante. Au prix d’un multiplexage de l’équipement Ă©lectronique que l’évolution des technologies a rendu abordable, on compense le handicap de la «lenteur» du son.

Sonar passif

Le sonar passif classique utilise encore le lobe tournant (le scanning) qui ne prĂ©sente pas ici des inconvĂ©nients aussi sĂ©vĂšres qu’en sonar actif; le signal est, en effet, un bruit continu Ă©mis par une source, et il dure en principe bien plus longtemps qu’un tour d’horizon. Cependant, avec les progrĂšs des procĂ©dĂ©s de traitement du signal, le sonar passif en vient, lui aussi, aux voies prĂ©formĂ©es qui permettent d’appliquer des procĂ©dĂ©s de filtrage plus subtils. Tous les sonars actifs ou passifs ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’abord des progrĂšs de la microĂ©lectronique puis de ceux de l’informatique «temps rĂ©el» pour rĂ©aliser un nombre grandissant de fonctions de plus en plus complexes.

Traitement du signal

Le sonar passif est limitĂ© par le niveau d’émission de la source Ă  dĂ©tecter – auquel on ne peut rien – et par le «bruit ambiant» qui parasite l’antenne. Ce bruit ambiant est toujours de nature acoustique (bruits d’écoulement, bruits de mer). Les techniques de filtrage optimal jouent donc sur le degrĂ© de connaissance qu’on peut avoir a priori du spectre du bruit Ă  dĂ©tecter et du spectre du bruit ambiant.

En ce qui concerne le sonar actif, les idĂ©es exposĂ©es dans l’article RADAR sont transposables au sonar. À la fin d’une Ă©mission, le rĂ©cepteur est d’abord parasitĂ© par la rĂ©verbĂ©ration (le «clutter» des radaristes) provoquĂ©e par la rĂ©trodiffusion des particules ou animalcules en suspension dans l’eau. Cette rĂ©verbĂ©ration s’attĂ©nue progressivement pour laisser place au bruit ambiant dĂ©jĂ  citĂ©. Les deux parasites sont de nature trĂšs diffĂ©rente. Le bruit ambiant est justiciable de l’augmentation de la puissance d’émission qui se rĂ©percute sur l’intensitĂ© de l’écho seul. Mais la rĂ©verbĂ©ration reste proportionnelle Ă  la puissance Ă©mise. Les mĂ©thodes modernes de traitement du signal consistent Ă  mettre en Ɠuvre des signaux compliquĂ©s qu’on reçoit sur des filtres Ă©troitement liĂ©s aux dĂ©tails de leur forme, de telle sorte que, en mĂȘme temps que l’on «ramasse» toute l’énergie du signal, ils laissent peu de chances aux causes alĂ©atoires de la rĂ©verbĂ©ration de produire des signaux semblables. Ces traitements, dits cohĂ©rents, font partie de la technique moderne sous les noms de filtre adaptĂ©, convoluteur (ou convolueur), corrĂ©lateur en temps rĂ©el, etc. En traitement spatial, les voies prĂ©formĂ©es deviennent elles-mĂȘmes adaptatives , les combinaisons d’hydrophones variant en fonction de la distribution des sources de bruits telle qu’elle est perçue par l’antenne.

Propagation

Quels que soient les raffinements de la rĂ©ception et de l’émission, il faut que le son parvienne de la source d’émission Ă  la cible (sonar actif) et de celle-ci au rĂ©cepteur (actif et passif). Or, en acoustique sous-marine, la ligne droite n’est pratiquement jamais une premiĂšre approximation valable des trajets sonores. La mer est un milieu qui n’est ni isotherme ni, par consĂ©quent, isocĂ©lĂšre. Les couches d’eau Ă  tempĂ©ratures diffĂ©rentes courbent les rayons sonores d’une façon compliquĂ©e, qui dĂ©pend de l’immersion de la source (fig. 1); il n’existe pas nĂ©cessairement un chenal sonore entre une source donnĂ©e et un rĂ©cepteur donnĂ©. Ainsi, l’importance des relevĂ©s bathythermiques traduits en profil de cĂ©lĂ©ritĂ© , c’est-Ă -dire en vitesse du son en fonction de l’immersion, est grande en sonar. Ces profils servent Ă  Ă©tablir (de façon instantanĂ©e dans les traceurs de rayons modernes) les trajets sonores Ă  partir d’une source placĂ©e de façon quelconque. Ces calculs sont fondĂ©s sur l’exploitation de l’équation classique du son. Ils montrent que, dans les cas les plus frĂ©quents de bathythermie, la source sonore envoie de l’énergie dans une plus grande zone utile lorsqu’elle est placĂ©e plus bas. C’est pourquoi certains bĂątiments, outre leur sonar «de coque», remorquent un sonar supplĂ©mentaire immergeable Ă  une profondeur rĂ©glable suivant la bathythermie rencontrĂ©e.

Sonar latéral utilisé pour la cartographie des fonds marins

Le sonar latĂ©ral est un appareil Ă©metteur-rĂ©cepteur d’ondes ultrasonores qui, remorquĂ© par un navire, permet d’obtenir des enregistrements, lesquels, convenablement transcrits sous forme optique, donnent une image Ă  deux dimensions des fonds marins.

L’eau de mer est, en effet, si opaque aux ondes Ă©lectromagnĂ©tiques qu’il est en gĂ©nĂ©ral impossible d’obtenir des images optiques lorsque ces ondes ont Ă  traverser une Ă©paisseur d’eau qui excĂšde quelques mĂštres ou quelques dizaines de mĂštres; par contre, le son se propage bien dans l’eau. Ce n’est cependant qu’en 1958 que W. D. Chesterman, P. R. Clynick et A. H. Stride ont utilisĂ© la rĂ©verbĂ©ration (ou rĂ©trodiffusion) des ondes sonores par les irrĂ©gularitĂ©s du fond de la mer afin d’en obtenir une image. Cette technique est actuellement employĂ©e pour la cartographie des fonds sous-marins soit pour l’édification des structures (plates-formes de forage, etc.), soit pour la pose de tuyauteries et de cĂąbles et, plus particuliĂšrement, de cĂąbles transcontinentaux destinĂ©s aux tĂ©lĂ©communications.

Au cours de la marche du navire qui remorque le sonar, ce dernier Ă©met Ă  intervalles rĂ©guliers, grĂące Ă  un ensemble de cĂ©ramiques piĂ©zoĂ©lectriques branchĂ©es sur une source Ă©lectrique, des signaux ultrasonores relativement courts (1 ou 2 ms). La gĂ©omĂ©trie de la base d’émission est telle que le pinceau sonore est relativement Ă©troit en gisement, c’est-Ă -dire horizontalement (par exemple 20), et large en site, c’est-Ă -dire verticalement (par exemple 10 ou 200). Ce pinceau est orientĂ© obliquement vers le fond de la mer, et sa direction est perpendiculaire Ă  celle qui est suivie par le navire (d’oĂč le nom de sonar latĂ©ral). À chaque Ă©mission, le sonar «illumine» ainsi une bande de terrain Ă©troite (fig. 2). Une partie des ondes sonores qui atteignent le fond est rĂ©trodiffusĂ©e vers le sonar. L’ensemble des cĂ©ramiques piĂ©zoĂ©lectriques qui a prĂ©cĂ©demment servi Ă  l’émission sert maintenant d’ensemble de dĂ©tection; les ondes sonores sont ainsi transformĂ©es en courant Ă©lectrique dont on peut enregistrer les oscillations soit sur un support magnĂ©tique, soit sur des supports photographiques.

Les Ă©chos reçus par le sonar s’échelonnent dans le temps, en fonction de la distance parcourue dans l’eau par l’énergie sonore. Au fur et Ă  mesure que le navire avance, on rĂ©pĂšte rĂ©guliĂšrement les cycles d’émission et de rĂ©ception; on juxtapose ensuite les divers enregistrements qui correspondent chacun Ă  une bande de terrain. La vitesse de dĂ©roulement du support d’enregistrement est contrĂŽlĂ©e par un microprocesseur qui tient compte de la vitesse du navire par rapport au fond et de la portĂ©e latĂ©rale sĂ©lectionnĂ©e. La distorsion liĂ©e Ă  l’obliquitĂ© des rayons est en gĂ©nĂ©ral corrigĂ©e de maniĂšre automatique. On obtient ainsi une image acoustique du fond dont l’échelle est homogĂšne dans les deux directions.

Les fluctuations de l’énergie sonore qui est captĂ©e par le sonar sont dues soit Ă  des variations topographiques (dans ce cas, on observe des ombres portĂ©es), soit Ă  des modifications de la nature lithologique ou de la texture des sĂ©diments qui tapissent le fond. Il est habituel de faire, en mĂȘme temps que la couverture sonar, des enregistrements de sismique-rĂ©flexion peu profonde et des levĂ©s par Ă©cho-sondeur, afin de mener Ă  bien l’interprĂ©tation. Celle-ci est parfois rendue dĂ©licate en raison des distorsions qui peuvent ĂȘtre provoquĂ©es par des mouvements du sonar au bout du cĂąble qui le tracte: roulis, tangage, lacet, etc.

Il existe différents types de sonars dont les portées vont de 100 mÚtres à 25 kilomÚtres (A. H. Stride, J. Cholet, A. Fontanel et G. Grau). Les plus couramment utilisés (fig. 3 a) ont une portée de 1 à 2 kilomÚtres.

Depuis quelques annĂ©es, les appareils dits «écho-sondeurs multifaisceaux» permettent d’obtenir simultanĂ©ment des levĂ©s bathymĂ©triques et une image acoustique, suivant le principe du sonar latĂ©ral. Par comparaison avec le sonar classique qui est tractĂ©, l’écho-sondeur multifaisceaux est fixĂ© sur le navire.

Un traitement numĂ©rique appropriĂ© permet, par combinaison des deux enregistrements, d’obtenir une reprĂ©sentation tridimensionnelle du fond (fig. 3 b), en superposant l’image acoustique au relief bathymĂ©trique.

sonar [ sɔnar ] n. m.
‱ 1949; mot angl., acronyme de Sound Navigation and Ranging, d'apr. radar
♩ Techn. Dispositif de dĂ©tection, d'Ă©coute et de communications sous-marines analogue au radar, et utilisant des ondes acoustiques. ⇒ asdic.

● sonar nom masculin (anglais sonar, abrĂ©viation de Sound Navigation and Ranging) Appareil de dĂ©tection sous-marine, utilisant les ondes sonores et permettant le repĂ©rage, la localisation et l'identification des objets immergĂ©s.

sonar
n. m. MAR Appareil émetteur et récepteur d'ondes ultrasonores, utilisé pour la détection des objets immergés.

⇒SONAR, subst. masc.
A. — MAR., SC., PHYS., TECHNOL. Appareil Ă  ultrasons, Ă©metteur et rĂ©cepteur, servant, par l'Ă©cho sonore, Ă  la dĂ©tection d'objets sous-marins, de bancs de poissons, et Ă  la transmission de signaux. Sonar d'attaque, de coque, de veille. Depuis la guerre on a Ă©tendu Ă  la recherche des bancs de poissons l'application de (...) l'appareil Ă  ultra-sons connu en AmĂ©rique sous le nom de « sonar », utilisĂ© par les marines de guerre pour la dĂ©tection et la localisation des sous-marins naviguant en plongĂ©e (LE MASSON, Mar., 1951, p. 120). Depuis quelques annĂ©es, le sonar est employĂ© immergĂ©, l'Ă©metteur d'ondes Ă©tant en gĂ©nĂ©ral fixĂ© Ă  la partie supĂ©rieure du chalut (...). DĂšs lors, les pĂȘcheurs disposent d'informations trĂšs prĂ©cises qui leur permettent d'adapter exactement leur navigation aux mouvements des espĂšces recherchĂ©es (BOYER, PĂȘches mar., 1967, p. 55).
— P. anal. Moyen naturel de repĂ©rage par Ă©cho sonore, chez certains animaux, notamment chez les chauves-souris, les marsouins (d'apr. PIÉRON 1973). La France cherche Ă  utiliser leurs sons remarquables [des dauphins]: un « sonar » naturel infiniment plus prĂ©cis que tous les sonars en usage (Paris-Match, 11 mars 1972, p. 37 ds REY-GAGNON Anglic. 1980).
B. — NĂ©ol., AUDIO-VISUEL, PHOT., CIN., TÉLÉV. Dispositif de rĂ©glage par Ă©cho sonore. Un appareil Ă  mise au point automatique par sonar (Le Nouvel Observateur, 21 nov. 1981, p. 74, col. 1).
Rem. Le terme est parfois empl. comme synon. de Ă©cholocation (d'apr. HUSSON 1970).
Prononc. et Orth.:[]. Plur. des sonars. Étymol. et Hist. 1949 (Nouv. Lar. univ.). Terme formĂ© en anglo-amĂ©r. Ă  l'aide des Ă©lĂ©m. so, na et r de sound navigation and ranging « navigation et pointage au son » sur le modĂšle de radar (1946 ds NED Suppl.2), en concurrence avec asdic (1948, Nouv. Lar. univ.) formĂ© des init. de Anti-Submarine Detection Investigation Committee (1939 ds NED Suppl.2), lui-mĂȘme abandonnĂ© au profit de l'appellation amĂ©r. dans le cadre de l'OTAN (1963, ibid., s.v. sonar).

sonar [sɔnaʀ] n. m.
ÉTYM. 1949; mot angl., de So(und) N(avigation) a(nd) R(anging).
❖
♩ Techn. Équipement de dĂ©tection et de communications sous-marines analogue au radar, et basĂ© sur la rĂ©flexion des ondes sonores. ⇒ Asdic (vx). || Des sonars. || RepĂ©rage des bancs de poissons au sonar.
♩ ☑ Loc. Sonar de veille, destinĂ© Ă  dĂ©tecter les objets sous-marins par projection de faisceaux d'ultra-sons sous forme d'impulsions courtes. || Sonar d'attaque, destinĂ© Ă  prĂ©ciser le site et le gisement du but sous-marin.
♩ Par anal. || Les sons Ă©mis par les dauphins, « un “sonar” naturel, infiniment plus prĂ©cis que tous les sonars en usage » (Paris-Match, 11 mars 1972, in Rey-Debove et Gagnon).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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